Les effets collatéraux de la crise sanitaire

La crise pandémique a également eu pour effet des reports de prises en charges et des déprogrammations d’opérations attendues et souhaitées par les patients. L’Union Française des Consommateurs Que Choisir dresse un nouveau bilan de ce qui a été observé en 2020. Les hôpitaux français, qui accueillaient moins de 10.000 malades atteints du Covid-19, selon les données de Santé publique France publiées mercredi 23 juin, devraient pouvoir corriger la situation.

Lors de la 1ère vague de la pandémie, en mars et avril 2020, 74 % des opérations initialement prévues ont été déprogrammées (1), rapportait à l’époque l’organisation des consommateurs. La nouvelle enquête diligentée par l’UFC-Que Choisir (2) montre que la situation ne s’est pas résorbée, bien au contraire. « En effet, 39 % des opérations prévues entre mars 2020 et mars 2021 n’avaient toujours pas eu lieu en avril 2021, dont 27 % qui n’avaient fait l’objet d’aucune reprogrammation », souligne l’UFC.
A l’époque, l’appel des pouvoirs publics à la déprogrammation de toutes les activités chirurgicales et médicales « non urgentes » a été massivement suivi. « Ce sont ainsi 74 % des rendez-vous initialement prévus sur la période allant du 17 mars au 11 mai 2020 qui ont été annulés par les professionnels de santé. » Avec les impacts que l’on connait sur la santé des patients ! De plus, en 2020, seuls 13 % des patients ayant vu leur rendez-vous annulé ont pu avoir un contact direct avec leur chirurgien, pourtant le mieux à même de les informer sur les conséquences médicales de ce report.

Aggravation des problèmes de santé

Sur la période récente de 2021, l’Union ajoute : « Quant aux opérations reprogrammées mais pas encore effectuées, il est à craindre que les nouveaux rendez-vous – en moyenne placés 7 mois après la date initiale – ne soient pas tous honorés ». Aussi, 20 % des répondants soulignent que la déprogrammation de leur opération a eu pour effet d’aggraver leur problème de santé et 5 % pointent un retard dans le dépistage d’une maladie. « Pire, ces aggravations concernent très souvent des pathologies lourdes : la moitié des opérations déprogrammées justifiaient une hospitalisation complète. En outre, une récente étude (3) montre que l’activité de transplantation rénale a chuté de 30 % en 2020. »

La période estivale qui va s’ouvrir risque de compliquer encore un peu plus les choses, du fait des fermetures d’un grand nombre de services hospitaliers publics ou privés. Dans cette perspective, l’UFC-Que Choisir demande aux autorités sanitaires, et plus particulièrement aux Agences régionales de santé :

  • De veiller à ce que l’ensemble des places disponibles dans les établissements de soins soient utilisées de manière à rapidement combler le retard pris ;
  • De favoriser la mise à contribution du secteur privé dans la prise en charge des opérations déprogrammées, sans surcoût pour les usagers.

(1) Enquête en ligne réalisée du 03 au 12 juin 2020, auprès des abonnés à la lettre d’information de quechoisir.org et du réseau d’associations locales de l’UFC-Que Choisir.
(2) Enquête en ligne réalisée du 7 au 20 avril 2021 – 844 répondants
(3) Cf. Étude FHF (Fédération Hospitalière de France) data sur les séjours COVID et les conséquences d’une saturation de l’hôpital et des réanimations – Atelier presse 30 mars 2021