Covid-19 : la mise en garde du Conseil scientifique

Le Conseil scientifique (CS) COVID-19 a observé fin octobre une accélération importante du nombre de nouveaux cas journaliers, de type quasi exponentielle. Pour le Conseil, la stratégie “Tester, Tracer, Isoler” reste l’outil majeur de contrôle de l’épidémie avec l’application des mesures barrière. In invite à un auto-confinement strict pour les plus fragiles. La pandémie ne s’arrêtera pas au 31 décembre 2020. Aussi restez prudents et adoptez en permanence les mesures barrières, y compris avec vos proches.

La dernière semaine d’octobre marque un rebond de la pandémie Covid-19 avec environ 50 000 cas diagnostiqués, ce qui correspond probablement à 80 000 -100 000 infections réelles par jour, compte tenu d’une proportion importante de cas non diagnostiqués, notre le CS.

Le conseil scientifique souligne également l’influence du climat dans ce rebond de la pandémie : “A partir du premier octobre, on constate une remontée extrêmement rapide du nombre de nouveaux cas, qui fait suite à une baisse généralisée des températures (baisse atteignant 25°C pour les maximales par endroit) qui a débuté entre le 20 et le 25 septembre selon les régions.” Ce refroidissement, ajouté à la hausse du nombre de cas, ont été observés dans la très grande majorité des pays européens et ce depuis le 1er octobre 2020 (seule La Finlande, la Norvège, l’Estonie, la Grèce et Chypre semblent avoir été épargnés pour l’instant).

Suite à l’augmentation du nombre de cas, on observe désormais une croissance importante des hospitalisations dans la majorité des régions de France métropolitaine. C’est le cas de l’Aveyron actuellement qui avait mieux résisté lors de la 1ère vague. “Si cette croissance devait se poursuivre au même rythme, on pourrait s’attendre à ce qu’au niveau national, le 6 novembre, 5200-6190 lits soient occupés par des patients COVID-19 dans les services de réanimation, soins intensifs et surveillance continue?”.
Traduction au niveau régional : 320-610 lits en Occitanie et des entrées en réanimation qui grimpent en flèche ! “Au 29 octobre 2020, les 13 départements de la région étaient classés en niveau de vulnérabilité élevée”, souligne la note de Santé Publique France.

Quels objectifs stratégiques ?

3 grands objectifs/piliers de la réponse sont à prendre en compte, note encore le Conseil scientifique :

Protéger les anciens, les personnes fragiles et les personnes en situation de précarité pour réduire la mortalité et la saturation du système de soins,
Préserver l’économie même partiellement, respecter la vie scolaire et la formation,
Limiter la circulation du virus pour revenir à un niveau plus bas, permettant d’être efficace avec la stratégie “Tester, Tracer, Isoler” qui reste l’outil majeur de contrôle de l’épidémie avec l’application des mesures barrière.

Une auto-confinement strict pour les plus fragiles

Dans ce contexte de forte et brutale reprise de l’épidémie, la protection des personnes les plus fragiles représente un enjeu majeur. “Il s’agit de limiter l’exposition au virus des personnes à risques, représentant 22 millions de français, et donc de réduire drastiquement leur nombre de contacts, en prenant en compte la répartition inégale du risque de formes graves et de mortalité, concentré dans la part la plus âgée de la population. Cette stratégie est de nature à entrainer à court terme une limitation des hospitalisations, mais surtout des décès.” Dans ce registre le CS préconise de favoriser un “auto-confinement strict” d’une part importante de la population, soit environ 22 millions de personnes.

En conclusion à sa note du 28 octobre, le CS suggère de “frapper fort fort sans attendre“, afin d’avoir un impact plus important sur la dynamique de l’épidémie et au final mieux protéger la population et l’économie, plutôt que de laisser la situation se dégrader avec des réponses tardives et insuffisantes.

En reconfinant la population française, avec les exceptions que l’on connait, le gouvernement a choisi de suivre cette voie : celle d’un un confinement «aménagé» qui épargne donc les personnes participant à des activités jugées prioritaires. “Ces activités pourraient inclure les activités scolaires et un grand nombre d’activités économiques, de manière à limiter les conséquences délétères de l’épidémie. Ces mesures devraient être assorties d’une organisation collective adaptée, incluant en particulier un recours accru au télétravail et des enseignements exclusivement à distance, dans l’enseignement supérieur et les universités.” La période de 4 semaines retenues par le gouvernement est conforme aux recommandations du Conseil scientifique.

A suivre.

NB : pour lire l’intégralité de la note du Conseil scientifique
Pour suivre les statistiques départementales allez sur Santé Publique France