Apnée du sommeil et risque cardiovasculaire

Le syndrome d’apnées du sommeil a des répercutions sur les activités quotidiennes de ceux qui en sont affectés du fait de la somnolence diurne qu’il provoque. Mais il est également néfaste pour la santé cardiovasculaire sur le long terme.

S’il concerne très directement le sommeil, le syndrome d’apnées du sommeil impacte également le cœur. L’apnée du sommeil se traduit par des interruptions répétées et incontrôlées de la respiration pendant le sommeil. Elles sont la conséquence de la fermeture répétée, pendant plus de 10 secondes, du conduit aérien du pharynx. Ces occlusions sont elles-mêmes le fait d’un relâchement des muscles de la gorge et de la langue durant le sommeil, qui bloque le passage de l’air et empêche la respiration. La personne concernée est alors en proie à des micro-réveils incessants dont elle n’a pas conscience.

Au quotidien, il en résulte des somnolences diurnes, des difficultés de concentration ou de mémoire, mais également des complications cardiovasculaires à plus long terme. Un risque qu’a souligné la Fédération française de cardiologie au cours des Journées européennes de cardiologie. Cette pathologie qui concerne environ 7 % de la population et pour laquelle près d’un million de personnes sont traitées à ce jour par Pression Positive Continue (PPC) demeure hélas sous-diagnostiquée. “80 % des personnes porteuses ne sont ni diagnostiquées ni traitées à l’heure actuelle”, avance le Dr Anne Mallart, pneumologue au CHU de Lille.

Haut risque cardiovasculaire

Si le médecin généraliste et pneumologue sont en première ligne pour détecter l’apnée du sommeil – “Docteur, mon mari dort si bien, qu’il en oublie de respirer”, est une phrase souvent répétée dans les cabinets médicaux – le rôle du cardiologue est tout aussi important dans le dépistage du syndrome d’apnées du sommeil.
Car ce syndrome entraine souvent des situation à haut risque cardiovasculaire. L’hypertension résistante, la fibrillation atriale, l’accident vasculaire cérébral ou l’insuffisance cardiaque peuvent accompagner sinon précéder une apnée du sommeil. “Sans compter qu’il ne faut pas écarter les risques chez les femmes qui sont enceintes ou ménopausées”, note le Pr Claire Mounier-Vehier, présidente de la Fédération française de cardiologie.

Pour maîtriser le risque d’un accident cardiovasculaire, il est important
de pratiquer une activité physique régulière, que l’on soit ou pas apnéique du sommeil. Une bonne hygiène du sommeil est également recommandées (au moins 8 heures par nuit à des horaires fixes).

Si l’apnée du sommeil est modéré à sévère, votre médecin peut vous prescrire à deux formes de traitement, dont le but est de maintenir ou favoriser l’ouverture des voies aériennes. Le premier est le recours à une machine à pression positive continue (PPC) par voie nasale, qui est un appareillage de ventilation que l’on porte la nuit et qui composé d’un masque nasal relié à une machine. Le second, l’orthèse d’avancée mandibulaire, est un dispositif porté dans la bouche proposé le plus souvent en deuxième intention et pour des cas moins sévère.

L’apnée du sommeil se traite et une bonne observance à la PPC entraînera une qualité de vie améliorée et qui diminuera notamment les risques d’accidents cardiovasculaire.